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ROMANCES, KANTIGAS , COPLAS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI.


Les chants interprétés dans ce disque représentent les principaux genres du répertoire judéo-espagnol : romances (balades médiévales), coplas (chants à caractère religieux hébraïques) et kantigas (chants de la vie quotidienne).


Le romance médiéval espagnol, tout en se perpétuant dans la tradition judéo-espagnole a subi de profondes modifications en gardant sa forme littéraire de poème octosyllabique ou hexasyllabique assonancé en hémistiche. UN TARDE DE VERANO est un bon exemple de la transformation d'un romance populaire de la frontière andalouse "Don Boyso". La ballade d'origine raconte le voyage d'un prince chrétien en terre musulmane pour y chercher une amie. Il rencontre à la fontaine une  belle, esclave de harem qui lave les habits du roi. Le jeune homme pensant ramener chez lui une future épouse découvre que la jeune fille n’est autre que sa soeur enlevée jadis. Cette même histoire aux allures d’épopée, se prolonge dans la ballade judéo-espagnole Una tarde de verano. Elle est également reprise dans une autre version judéo-espagnole, «lavava y suspirava ».



EL HERMANO MALDITO est un romance tardif, du XIXè siècle, sur l'inceste . Ce thème était déjà utilisé dans les romances médiévales véhiculées par des juifs. Ce chant, inspiré de la «romanza de la Santa Elena », témoigne des contacts durables, bien qu’intermittents, qu’entretint la communauté judéo-espagnole avec l’Espagne après l’expulsion. Le style vocal porte l’empreinte et les ornementations orientales bien que la mélodie soit d’origine espagnole.


De tradition plus récente, les coplas se caractérisent par un contenu proprement judaïque. Il y est fait référence aux fêtes juives, à des épisodes de la bible ou encore à des événements importants de l'histoire du judaïsme. Bien que certains textes figurent dans des recueils dès le XVIIIè siècle, la plupart d’entre eux sont transmis oralement.



KUANDO EL REY NIMROD est une copla hagiographique sur la naissance d’Abraham. On y remarque qu’Abraham naît au sein d’une communauté juive «encore à fonder » avec le signe de l’étoile miraculeuse. Nimrod comme Hérode cherche à faire périr le nouveau-né dans la grotte. L’enfant miraculeux est assez grand à vingt jours pour prophétiser la grandeur de Dieu. Vraisemblablement issue d’ancienne tradition de la Kabbale, ce texte est un récit fondateur légendaire. Celui-ci s’achève par une série de bénédictions et saluts au “ Seigneur nouveau-né ” qui permet d’attendre le Messie. Il existe de multiples versions de ce chant.


Le mariage et les cérémonies qui l'entourent constituent probablement l’événement majeur de la vie de l'individu et de la communauté judéo-espagnole. Dans les berceuses, ainsi que dans les comptines ludiques pour enfants, on assiste à des prédictions de mariage. Viennent ensuite la recherche et le choix du partenaire ainsi que les difficultés rencontrées par le jeune couple avant le mariage. Beaucoup de chants nuptiaux visaient à préparer psychologiquement la jeune fille apeurée et l'assistance inquiète à ce qui constituait un moment crucial de l'existence. Parmi les kantigas de Boda certaines sont destinées à la belle-mère sur le point de rencontrer sa bru, d’autres accompagnent la présentation de la dot, le moment où la fiancée se rend au bain rituel, ou encore les chants d'adieux de la jeune fille à sa mère.

Les chanteuses professionnelles accompagnées au tambourin, les tanaderas que l'on invitait à toutes les cérémonies, connaissaient non seulement le répertoire musical, mais toutes les coutumes liées au mariage. Elles prenaient la direction des évènements, surveillaient les moindres détails, étaient chargées de mener les différents cortèges (les cadeaux du fiancé à la fiancée, l'exposition du trousseau, le bain et les apprêts de la fiancée).



POCO LE DACH LA MI KONSUEGRA, est un dialogue entre les belles-familles sur l’appréciation du trousseau (dota-achugar). Recueillie dans les Balkans, cette kantiga est chantée dans la maison de la jeune mariée lors de démonstration du trousseau. L’évaluation des biens et des cadeaux créait des jalousies entre les deux belles-mères.



LAS ESUEGRAS DE AGORA, qui compare les belles-mères à un fléau rongeant l’harmonie des couples, est une adaptation d’un chant turc ( Kemençemin yayi)  de la région de la mer noire.



MI SUEGRA raconte les déboires d’une jeune épouse face aux avanies de sa toute puissante belle-mère et qui va jusqu’à souhaiter sa mort. La jeune femme voudrait que son mari ait le courage de quitter la maison maternelle.

Ces chants de noces sont collectés dans les Balkans et en Turquie.

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